Nouvelle publication : orchestration de niche et transition agroécologique au Sénégal
L’équipe de CREATES contribue à un nouvel article scientifique publié dans la revue Environmental Innovation and Societal Transitions (Elsevier). Intitulé « Niche orchestration in fragmented ecologies of intermediation: evidence from agroecological transitions in Senegal », il est co-signé par Patrick Bottazzi, directeur scientifique de CREATES, aux côtés de R. Belmin (CIRAD), B. Turnheim (INRAE), B. Gaillard, S. Boillat, A. Mbodj et A. Loconto.
De quoi parle cet article ?
Les transitions agroécologiques dans les pays du Sud se déploient souvent dans des écologies d’intermédiation fragmentées — une multitude d’ONG, de bailleurs, d’organismes de recherche et d’organisations paysannes qui interviennent de manière dispersée. L’article montre comment, dans ce contexte, une ONG localement enracinée (Enda Pronat) a réussi à coordonner ces acteurs en mobilisant la coalition DyTAES (Dynamique pour une transition agroécologique au Sénégal).
Le concept d’orchestration de niche
Les auteurs introduisent le concept d’orchestration de niche : un mécanisme de gouvernance dans lequel un acteur central et ancré dans le terrain coordonne une écologie d’intermédiation pour générer une dynamique collective. L’orchestration n’est pas un acte de gestion ponctuel, mais un processus itératif et multi-scalaire qui se déploie dans le temps par l’intégration stratégique de fonctions d’intermédiation systémique.
Résultats clés
En retraçant l’histoire de la niche agroécologique sénégalaise (1980–2025), l’étude montre comment une ONG a :
- Fédéré des initiatives locales dispersées autour d’une vision commune
- Connecté les expérimentations de terrain aux coalitions territoriales, aux arènes politiques nationales et aux agendas transnationaux
- Accéléré la transition en centralisant les fonctions d’intermédiation habituellement réparties entre de multiples acteurs
L’expérience sénégalaise illustre à la fois le potentiel et les risques de l’orchestration de niche, notamment les questions de dépendance et de cooptation.
L’article est en libre accès : DOI 10.1016/j.eist.2025.101095